En attendant Berthe ! ...

27 Novembre 2016 , Rédigé par New Dawn

Berthe Morisot peinte par Manet

Berthe Morisot peinte par Manet

Lorsqu'elle ouvrit les volets ce matin-là , la température extérieure ne devait pas dépasser les 10°C ! Autant dire que pour tout Provençal qui se respecte , on frôlait le Pôle Nord ! Un timide soleil naissant éclairait doucement les façades enduites d'ocre blonde extraite des  carrières du Luberon ... Dans une semaine , viendraient Saint Nicolas et ses bonbons , naturellement accompagné du Père Fouettard que les migrants ne voulaient plus voir avec un visage noir , ce qui révélait chez ceux qu'ils avaient envahis un racisme crasse et notoire à leur égard ...Elle avait toujours pensé qu'il s'agissait d'un ramoneur au visage enduit de suie ... mais , bon , il valait mieux ne pas chercher à comprendre , d'autant que l'on était passé maintenant dans une ère où la suspicion et la délation régnaient partout !

Jusqu'à ce froid matin d'un automne finissant , elle avait juré de se rendre aux primaires de la droite Républicaine , glisser un nom dans l'urne et donner son obole de 2 euros dans la sébile destinée à adoucir  le moment de désarroi du perdant ...

Même si cela ne lui était jamais arrivé , du moins à sa connaissance et à l'insu de son plein gré , elle eut la douloureuse impression , en voyant les deux candidats du même bord se serrer cordialement la louche  avec des regards complices , qu'elle risquait d'être cocufiée par le vainqueur ...Cette perspective la rendit méfiante ...d'autant que l'homme qui avait l'habitude de couvrir les oignons , oeils de perdrix et divers cors de ses pieds , de petits chaperons rouges , venait d'affirmer , sans rire ,qu'il ferait à nouveau entrer la corrida dans le patrimoine mondial immatériel de l'humanité , pour rafler les voix des sadiques qui subsistaient toujours dans le Sud-Ouest  ! Elle jugea que rien ne valait de perdre son âme en compromissions pour une simple fonction honorifique ... On était mal , très mal !

C'était une sauvage qui, n'ayant malheureusement pas pu être conçue dans la consanguinité ,( pratique honteuse dont les politicards spécialistes en génétique à défaut de l'être en économie se servent pour justifier le grand remplacement par le métissage ) cumulait deux tares existentielles rédhibitoires , qui lui avaient donné le jour en copulant dans l'allégresse : la froide détermination de son paternel alsacien qui avait foutu une raclée et défenestré un collègue  d'une salle de soins située à l'étage parce qu'il l'avait incidemment traité de "boche"  et le sournois et inextinguible désir de vendetta  de sa mère , que les Corses nourrissent et cultivent soigneusement en leur for intérieur , sous une placidité comparable à l'eau que l'on garde en bouche ...

Elle décida donc qu'ils se démerderaient sans elle , et qu'elle graviterait toute la journée en nuisette dans son intérieur feutré , entre ses chattes et ses perruches , en attendant que ses productions picturales ressemblent aux toiles de Berthe Morisot !

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